Tjena!
Alors que nous avons le stéréotype du Suédois qui se nourrit principalement de poisson, la routine fait rapidement passer cette image au déchiqueteur. Plutôt que d’opter pour un filet de saumon, le Suédois moyen penche plutôt vers une douzaine de boulettes de viande (kötbullar) sur un lit de pâtes arrosées de ketchup. L’autre jour, à court de temps pour me préparer un lunch, j’ai apporté quelques légumes et un paquet de nouilles instantanées que j’ai fait cuire au micro-onde… En arrivant à la table, une collègue me lance (sérieusement) : « Mmm this smells good! »
Le bilinguisme est à son paroxysme ici. TOUT le monde parle anglais. Et pas un anglais approximatif. Un vrai de vrai avec des mots compliqués pis toute. À la télévision, les émissions anglophones ne sont que sous-titrées et les annonces sont parfois présentées en anglais, sans sous-titre. Et lorsque je leur demande, non, ils n’ont pas peur de perdre leur langue. C’est à se demander si le Québécois, frileux à l’idée d’être exposé à l’anglais dans les médias, ne crache pas sur une occasion de maîtriser une deuxième langue.
Je n’ai toujours pas trouvé les filles de Rosa Helikopter.
Mon ami Viktor m’écrit pour me demander conseil. Par inadvertance, il a échappé sa bière sur son clavier d’ordinateur et me demande conseil pour remédier à la situation. Pour une fois, je suis heureux qu’une problématique mettant l’alcool en cause soit hors de mon domaine d’expertise.
Il y a des machines distributrices avec lesquelles tu peux payer par message texte avec ton cellulaire. Ça a l’air que les commandes passent directement par Dieu.
En ce moment, c’est la fête des écrevisses. La « Kräftskiva ». Tu mets un chapeau de fête avec des dessins d’écrevisses et tu manges des écrevisses. Ah oui, et tu chantes des chansons de boisson qui parlent de ô combien les gens sont déprimés alors ils n’ont pas le choix de boire du fort. J’ai décidé de rehausser le caractère de la fête en suggérant à mes collègues de manger du Surströmming aussi… trois types de réaction :
1- What? No! No no no no! No.
2- Hahahaha, you really want to try that out? You probably don’t.
3- Hahahaha, ok, it will be funny.
Personne n’a dit “miam-miam”. Le surströmming c’est du hareng pêché au printemps qui est mis en saumure, mais seulement avec la moitié du sel nécessaire pour le conserver. Cela fait en sorte que le hareng fermente, et que la p’tite boîte de conserve, eh bien, elle gonfle. Je me suis armé d’un bac d’eau, de la boîte de conserve en forme de ballon de football et d’un ouvre-boîte et je me suis rendu à l’écart du bâtiment pour la manœuvre délicate (les Suédois m’ont dit que d’être dehors n’était pas suffisant). Sous le regard d’une vingtaine de collègues (se trouvant à environ 20 mètres de moi), je noie la boîte dans l’eau et je commence à entailler le métal (pour éviter que le contenu sous pression n’explose directement sur moi). La première bulle qui a frayé son chemin à la surface… ouf… une flatulence dans un bain passerait pour un nuage de CK One à côté de ça. Comment décrire?... Je dirais un fromage Maroilles qui aurait vieilli deux ans dans les égoûts. Et encore je trouve la comparaison trop douce. J’aurais bien ramené une boîte au Québec, mais les lignes aériennes interdisent de transporter du surströmming.
*Citation de Wikipedia: A Japanese study has shown that the smell of a newly opened can of surströmming is the most putrid smell of food in the world, beating similar fermented fish dishes such as the Korean Hongeohoe or Japanese Kusaya.
Je me suis de nouveau retrouvé sur une croisière à destination de Mariehamn. En disant aux Suédois que tu t’en vas sur cette croisière, ils comprennent tout de suite que tu ne mettras pas pied à terre rendu à destination… C’est en fait un tour de bateau destiné à faire la fête et à acheter des trucs au hors-taxe. Danser sur le pont jusqu'à 4:00 du matin en plein milieu de la mer Baltique, ça a son charme!
Mon ami Zackarias et moi nous sommes lancés dans le brassage d’une bière IPA au houblon citra et d’un cidre mielleux. Pour suivre le concept de Charles « ti-bec » Rousseau, nous sommes en recherche de noms pour nos breuvages qui seront hors de tout doute divins et divinement alcoolisés. Nous avons pensé à « The Dry Humper » ou « Bitterjuice » pour notre IPA, mais toujours rien pour le cidre. Les suggestions sont les bienvenues.
Bout de viarge, je finis par écrire un peu trop à chaque fois. Je m’en vais me la fermer jusqu’à mon passage à Montréal, dans 18 jours.
Vi ses!
On aime ça nous quand t'écris trop.
RépondreSupprimerà très bientôt!
Caro
xxx