jeudi 11 août 2011

Swède 3


Tjena!

Alors que nous avons le stéréotype du Suédois qui se nourrit principalement de poisson, la routine fait rapidement passer cette image au déchiqueteur. Plutôt que d’opter pour un filet de saumon, le Suédois moyen penche plutôt vers une douzaine de boulettes de viande (kötbullar) sur un lit de pâtes arrosées de ketchup. L’autre jour, à court de temps pour me préparer un lunch, j’ai apporté quelques légumes et un paquet de nouilles instantanées que j’ai fait cuire au micro-onde… En arrivant à la table, une collègue me lance (sérieusement) : « Mmm this smells good! »

Le bilinguisme est à son paroxysme ici. TOUT le monde parle anglais. Et pas un anglais approximatif. Un vrai de vrai avec des mots compliqués pis toute. À la télévision, les émissions anglophones ne sont que sous-titrées et les annonces sont parfois présentées en anglais, sans sous-titre. Et lorsque je leur demande, non, ils n’ont pas peur de perdre leur langue. C’est à se demander si le Québécois, frileux à l’idée d’être exposé à l’anglais dans les médias, ne crache pas sur une occasion de maîtriser une deuxième langue.

Je n’ai toujours pas trouvé les filles de Rosa Helikopter.

Mon ami Viktor m’écrit pour me demander conseil. Par inadvertance, il a échappé sa bière sur son clavier d’ordinateur et me demande conseil pour remédier à la situation. Pour une fois, je suis heureux qu’une problématique mettant l’alcool en cause soit hors de mon domaine d’expertise.

Il y a des machines distributrices avec lesquelles tu peux payer par message texte avec ton cellulaire. Ça a l’air que les commandes passent directement par Dieu.

En ce moment, c’est la fête des écrevisses. La « Kräftskiva ». Tu mets un chapeau de fête avec des dessins d’écrevisses et tu manges des écrevisses. Ah oui, et tu chantes des chansons de boisson qui parlent de ô combien les gens sont déprimés alors ils n’ont pas le choix de boire du fort. J’ai décidé de rehausser le caractère de la fête en suggérant à mes collègues de manger du Surströmming aussi… trois types de réaction :
1-      What? No! No no no no! No.
2-      Hahahaha, you really want to try that out? You probably don’t.
3-      Hahahaha, ok, it will be funny.
Personne n’a dit “miam-miam”. Le surströmming c’est du hareng pêché au printemps qui est mis en saumure, mais seulement avec la moitié du sel nécessaire pour le conserver. Cela fait en sorte que le hareng fermente, et que la p’tite boîte de conserve, eh bien, elle gonfle. Je me suis armé d’un bac d’eau, de la boîte de conserve en forme de ballon de football et d’un ouvre-boîte et je me suis rendu à l’écart du bâtiment pour la manœuvre délicate (les Suédois m’ont dit que d’être dehors n’était pas suffisant). Sous le regard d’une vingtaine de collègues (se trouvant à environ 20 mètres de moi), je noie la boîte dans l’eau et je commence à entailler le métal (pour éviter que le contenu sous pression n’explose directement sur moi). La première bulle qui a frayé son chemin à la surface… ouf… une flatulence dans un bain passerait pour un nuage de CK One à côté de ça. Comment décrire?... Je dirais un fromage Maroilles qui aurait vieilli deux ans dans les égoûts. Et encore je trouve la comparaison trop douce. J’aurais bien ramené une boîte au Québec, mais les lignes aériennes interdisent de transporter du surströmming.
*Citation de Wikipedia: A Japanese study has shown that the smell of a newly opened can of surströmming is the most putrid smell of food in the world, beating similar fermented fish dishes such as the Korean Hongeohoe or Japanese Kusaya.

Je me suis de nouveau retrouvé sur une croisière à destination de Mariehamn. En disant aux Suédois que tu t’en vas sur cette croisière, ils comprennent tout de suite que tu ne mettras pas pied à terre rendu à destination… C’est en fait un tour de bateau destiné à faire la fête et à acheter des trucs au hors-taxe. Danser sur le pont jusqu'à 4:00 du matin en plein milieu de la mer Baltique, ça a son charme!

Mon ami Zackarias et moi nous sommes lancés dans le brassage d’une bière IPA au houblon citra et d’un cidre mielleux. Pour suivre le concept de Charles « ti-bec » Rousseau, nous sommes en recherche de noms pour nos breuvages qui seront hors de tout doute divins et divinement alcoolisés. Nous avons pensé à « The Dry Humper » ou « Bitterjuice » pour notre IPA, mais toujours rien pour le cidre. Les suggestions sont les bienvenues.

Bout de viarge, je finis par écrire un peu trop à chaque fois. Je m’en vais me la fermer jusqu’à mon passage à Montréal, dans 18 jours.

Vi ses!

mardi 26 juillet 2011

D'autres nouvelles

D’autres nouvelles.

J’ai assisté au spectacle d’Alice Cooper au Gröna Lund (l’équivalent de la Ronde). Je n’ai maintenant qu’une seule aspiration : chanter du rock avec un serpent dans le cou à 63 ans.

Alors que mon cercle social devient de plus en plus garni, mon truc pour me faire des ennemis semble beaucoup plus efficace que celui pour me faire des amis. Voici ma stratégie : Les Suédois sont des gens très fiers. Je pompe un peu leur égo en leur révélant que j’ai passé ma jeunesse à écouter des groupes de la Suède (ex. : Raised Fist, Millencolin, Refused, etc.). Alors qu’ils sont bien assis au sommet du monde, je leur balance un « dans le fond, Robyn c’est juste une autre Britney Spears ». Et boom! Je me prends un discours de 10 minutes sur ô combien cette artiste a du talent (avec un gros « se-ma-hi-le » sur ma face).

Je suis parti en bateau vers la Lettonie en compagnie de Victor et Sofia, mes deux alcolites du nord. Fidèles à nos racines éthyliques, nous avons réussi à créer quelques vagues sur la Baltique qui se faisait beaucoup trop calme. Patrick Rousseau et Jean-Philippe Naud sauront s’imaginer le tout avec une précision chirurgicale. Riga est une très belle ville. C’est pas mal tout ce que j’ai à dire.

Un autre spectacle incroyable : Guitar Wolf. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, Guitar Wolf est un trio Japonais de rock-(à qui? à quoi?)-abilly. Ils ont livré une performance incroyable (dont vous pouvez visionner une partie en suivant ce lien [on peut même me trouver dans l’audience]). Parmi les faits marquants :
-Le chanteur fait la démonstration que lorsqu’on crache dans les airs, ça nous retombe toujours dessus
-Le groupe invite un spectateur à aller jouer de la guitare pendant une « chanson ». Le chanteur lui vômit un pic.
-Je ne peux m’arrêter de rire alors que le chanteur s’époumone dans une série de « Lock ‘n Loll !!! ».
-Le batteur se peigne entre les chansons (ce qui, dans leur film, doit être suivi d’une gorgée de bière).

Le boulot se porte bien. C’est bien vide à l’institut car tout le monde est en (vraies) vacances (de cinq semaines). J’en profite pour avancer dans mes projets. Question de me faire pardonner pour mes excès d’écran LCD, je me suis inscrit au gym. Je reviens d’ailleurs d’une session de spinning où, à plusieurs reprises, j’ai eu mal aux muss.

C’est fait, je déménage. Je suis allé à une fête à mon futur appartement samedi dernier afin de faire connaissance avec les lieux, et du coup avec les gens qui s’y trouvaient. À partir du 6 août, je serai résident au 78 Götgatan, en plein centre-ville, au 18e étage. Une mise à niveau importante (je vis présentement au 2e étage d’un building en banlieue).

Qu’on se le tienne pour dit, le Moyen âge, c’est vraiment moyen.

Mes plans futurs… Je passe la fin de semaine à Stockholm, question de profiter des journées d’été ici. La fin de semaine suivante je pars en croisière (encore). Et l’autre d’après je pars probablement pour Berlin. Et l’autre qui suit, probablement une autre croisière (rencore) avec un « rave » sur le pont pendant deux jours. Et le 29, je prends mes bagages et mes cernes pour aller prendre l’avion, direction Mourial.

C’est caqqqui est ça. Je vais essayer d’écrire plus souvent, et moins.

samedi 2 juillet 2011

Suède I

Je me remets à la plume. Bon, on s’entend que ça va être un peu moins intense que les requins-baleines et les 6000 mètres enneigés. Mais c’est un sacré bon moyen de résumer ma vie suédoise, ce qui, par conséquent, m’évitera de répondre à la question « Pis? ».

Je suis encore à mes premiers pas dans la ville… J’ai passé les deux premières semaines à me battre contre un duo rhume-feu sauvage. Probablement le résultat d’un manque de sommeil… la nuit ici, il fait aussi clair que dans le cul d’un Lite Brite et mes rideaux ne font pas le poids. J’avais le souffle trop court pour nager dans l’océan de morve qui séparait la porte de mon lit. Mais voilà, je suis de retour sur  mes deux pattes, je peux respirer avec la bouche fermée (qui est occupée à avaler une gorgée de bière infecte à 8 $ le verre).

J’habite dans le quartier Ulriksdal qui se prononce Ul-riks-dull. Et non sans raison. C’est pas très vivant. Par contre, j’ai accès à plusieurs lacs à moins de 10 minutes de vélo. En chemin vers le boulot, j’ai croisé des lièvres (gros comme des gros lapins), un renard, deux chevreux, etc. Mon parcours me fait passer à côté d’un lac où un cygne a élu domicile. Probablement celui qui a inspiré la chanson du groupe suédois Ace of Base « I saw the cygne ».

Le travail suédois, c’est drôle. Tu te pointes au travail. T’as à peine le temps de démarrer ton ordinateur qu’il est temps de prendre une pause (Fika en suédois). Une demi-heure. Tu reprends à peine le travail qu’il est temps d’aller dîner. Une heure. Et à 14h30, FIKA! Arrive 17h00, tu cherches ce que tu as accompli dans la journée. Tu es un chercheur.

Affaire de drôle : Je faisais la file pour passer à la caisse à l’épicerie. Alors que mes yeux vagabondaient dans l’étalage de cochonneries qu’on essaie de te vendre à la dernière minute avant de payer, je tombe sur une boîte de bonbons qui s’appellent VIOL. J’ai déjà commencé ma série de photos de moi qui donne ces bonbons aux filles dans les bars.

Le midsommar. La fête du solstice d’été. Je me prends un billet d’avion pour aller visiter mes amis suédois que j’ai rencontré aux Philippines et qui habitent à Umea, dans le nord de la Suède. Quand tu rencontres des gens dans une atmosphère éthylique, l’amitié tissée tend à se replonger dans un buck. Ce fut le cas. Les traditions du midsommar :
- Commencer à boire du Schnaps (eau de vie) à midi. Une chanson différente est chantée avant chacun des shooters. Ils ont un gros répertoire.
- Manger du hareng mariné.
- Danser en rond autour d’un poteau avec deux cercles à son sommet qui représentent, respectivement, un pénis et des testicules qui fertilisent la terre. La chanson la plus populaire raconte, en gros, que les grenouilles sont bien drôles car elles n’ont pas d’oreilles et pas de queue.
Je vous assure, c’est encore plus étrange en vrai.

Au centre-ville de Stockholm, je me suis rendu compte que le prix pour se remettre en question à savoir si on a vraiment envie de pisser aux toilettes publiques est 1,50$.

Il est possible que je déménage au centre-ville (Södermalm) au mois d’août. Une occasion en OR! Un appartement beaucoup plus petit, plus loin de mon travail et presque deux fois plus cher. J’attends impatiemment une réponse!

L’équivalent du IGA ici, c’est le ICA. Leur annonce à la télévision : un trisomique ninja qui tue des méchants avec des saucisses hot dog.

Je viens de recevoir mon numéro personnel. C’est un peu l’équivalent de naître ici. Je vais pouvoir avoir un compte bancaire, débuter mes cours de suédois, etc. Ça a l’air de rien, mais c’est utile de pouvoir encaisser ses chèques.

Je vais m’en tenir à cela pour l’instant.